Les sentiers du quotidien

O3, 1997, Les sentiers du quotidien ; rigidité, fluidité des espaces sociaux et trajets routiniers en ville, avec la particip. de H. Orain, A. Poirier et J.F. Poltorak, (coll. Villes et Entreprises), L’Harmattan, 200 p.

La vie de tous les jours se déroule dans un espace, majoritairement urbain, qui s’impose dans une large mesure aux personnes, même lorsqu’il a été choisi. Cet espace, à la fois matériellement structuré et symboliquement connoté, constitue le cadre de vie.
Les résultats de cette recherche portant sur treize communes périphériques du nord, de l’ouest et de l’est parisien, montrent, en premier lieu, que les usages caractérisant les différents genres de vie et de mobilité quotidienne dépendent d’une pluralité de facteurs : principalement, pour ce qui concerne les personnes, la position familiale de classe et le statut familial-vital. La forme du quartier est moins déterminante des trajets que la morphologie globale des territoires urbains : contre toute attente, la mobilité quotidienne s’est révélée largement indépendante des caractéristiques du quartier, en particulier de sa proximité au réseau ferré de transport en commun.
La recherche présente également les grandes structures de la mobilité ordinaire. Les formes spatiales concrètes que prennent les différents genres de vie ne sont pas marquées de manière monodimensionnelle. Ainsi, même si la complexité des structures familiales de trajets coïncide plutôt avec des bouclages et concerne souvent la classe moyenne ou supérieure et même si les formes opposées (simplicité et structure radiale) touchent plutôt la classe populaire, on observe une certaine variété et des bouclages apparemment dissociés de toute logique d’individuation... Interviennent ici le passé et l’avenir, les effets de rupture introduits par l’action, dont les histoires de vie rendent compte via, en particulier, les modifications du réseau de sociabilité. On peut expliquer et comprendre la mobilité quotidienne : l’analyse synchronique s’impose pour expliquer la structure des trajets familiaux, alors que l’analyse "diachronique" (elle ne l’est ici que comme reconstruction du passé ou du futur) permet de comprendre plus profondément le sens - l’orientation spatiale et la signification symbolique - de la mobilité.

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