Durkheim et la sociologie française, d’hier à aujourd’hui

Avec Durkheim et ses compagnons se précisent les orientations scientifiques d’une discipline sociologique devenant indissociable de l’anthropologie. Le livre présente les courants intellectuels des 18e et 19e siècles (Montesquieu, Rousseau et Proudhon, en particulier) dans lesquels cette Ecole française de socioanthropologie en formation plonge ses racines. Il détaille le contenu de cette nouvelle science et montre surtout la spécificité des perspectives durkheimiennes, leur utilité ainsi que leurs prolongements jusqu’à nos jours.
L’originalité de l’ouvrage est triple. A la différence des auteurs le présentant comme uniquement intéressé par les fonctions sociales impersonnelles et les contraintes que génère le système, il propose une approche par laquelle on découvre un Durkheim critique des effets pervers du développement économique, défendant l’unité du genre humain, attentif aux dynamiques historiques et aux conflits, soucieux de l’autonomie des personnes. Par ailleurs, l’ouvrage est le seul à présenter les influences mutuelles et la pensée commune des nombreux collaborateurs de Durkheim (tels que, aux côtés de Mauss, Hertz, Fauconnet, Hubert, Bouglé, Simiand, Halbwachs, etc.), ainsi que l’arrière-plan philosophique animant leur travail et leurs engagements. Enfin, il défend la thèse – dûment étayée par de nombreux exemples – de l’orientation à la fois actionnaliste et institutionnaliste de ce groupe d’auteurs, à l’opposé tant de l’utilitarisme que du fonctionnalisme et du structuralisme.
L’ouvrage adopte un style didactique et convient donc aux étudiants de licence et à tous ceux qui veulent découvrir la tradition sociologique française ainsi que la manière dont des auteurs tels que Gurvitch, Duvignaud, Bastide, Leroi-Gourhan, Lefebvre, Ansart et, surtout, Balandier la portent encore jusqu’à la fin du 20e siècle et au-delà. Il intéressera également les spécialistes des sciences humaines, cherchant une troisième voie hors de l’individualisme rationaliste et des représentations d’une société uniquement conduite par ses mécanismes de fonctionnement, sans acteurs.

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